L’apnée du sommeil

Environ 1 à 4% de la population s’arrête de respirer à plusieurs reprises chaque nuit, environ 2,5 millions de personnes en France. Il s’agit de l’apnée du sommeil, toujours accompagnées de ronflements. Si ce problème altère la qualité du sommeil, il augmente également le risque de troubles cardiovasculaires.

Qu’est ce qu’une apnée du sommeil ?

Sur un plan médical, on parle du “syndrome d’apnées obstructives du sommeil” (SAOS). Décrit pour la première fois en 1956, ce syndrome est méconnu et ne serait diagnostiqué que dans 15% des cas. Il faut préciser que ce syndrome n’est reconnu comme maladie que depuis une vingtaine d’années.
Il s’agit d’une obstruction périodique des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil. Cet “arrêt” de la respiration dure au moins 10 secondes (jusqu’à 30 secondes dans certains cas) et se répètent plusieurs fois par heure.
Au delà de 5 apnées par heure, l’obstruction est considérée comme un problème médical, sachant que certaines personnes subissent plus de 30 apnées par heure.

Ces apnées du sommeil perturbent le sommeil entraînent une fatigue au réveil, parfois accompagnée de maux de tête. Une somnolence peut survenir pendant la journée.

Quelles sont les causes d’une apnée du sommeil ?

Le plus souvent, les apnées du sommeil sont provoquées par un relâchement de la langue et des muscles de la gorge, pas ou plus assez toniques. Ces muscles bloquent alors le passage de l’air pendant la respiration. C’est pourquoi on parle d’apnées obstructives, ou du syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Qui est concerné ?

Les personnes âgées sont les plus concernées, les muscles de la gorge étant moins toniques. Les personnes obèses ou en surpoids le sont également par l’accumulation de graisse au cou qui diminue le calibre des voies respiratoires.
L’âge ou l’obésité n’entraînent pas pour autant systématiquement des apnées du sommeil.
On observe que chez les sujets de plus de 50 ans, ce syndrome concerne 4 % des hommes et 2 % des femmes.

La mâchoire peut aussi être un facteur important dans la survenue d’apnées du sommeil : si elle est étroite, petite, en arrière, mais aussi en cas de respiration buccale, une obstruction de la respiration.

En dehors d’un enregistrement du sommeil effectué dans des centres spécialisés, le dépistage du syndrome de l’apnée du sommeil est donc souvent réalisé par l’orthodontiste ou l’ORL qui sont les mieux placés pour observer la morphologie buccale et nasale.

Dans des cas plus rares, les apnées sont provoquées par un dysfonctionnement du cerveau qui n’émet plus temporairement l’ordre d’agir aux muscles respiratoires.

L’apnée n’est donc pas due à une obstruction des voies respiratoires, mais à l’absence de respiration par l’individu. On parle alors d’apnée du sommeil centrale.
Ce type d’apnée peut, dans de nombreux cas, se combiner par alternance avec l’apnée obstructive. Ce double phénomène et appelé apnée du sommeil “mixte”.

Les autres facteurs de risque de développer une apnée du sommeil sont :

  • une maladie cardiaque,
  • une maladie neurologique (maladie de Parkinson ou méningite par exemple),
  • après un accident vasculaire cérébral,
  • en cas d’usage de somnifères, de narcotiques ou d’alcool.

Ne pas confondre apnée du sommeil et ronflement

Tous les apnéiques ronflent, mais tous les ronfleurs ne sont pas apnéiques. L’apnée du sommeil entraîne la plupart du temps des ronflements bruyants. Le ronflement lui-même n’est pas considéré comme un problème de santé. En revanche, les apnées répétées peuvent accentuer les ronflements.
Si on estime que 30% à 40% de la population adulte ronfle régulièrement, seule une partie est concernée par l’apnée du sommeil.

Quelles sont les conséquences des apnées du sommeil ?

Les apnées du sommeil entraînent des conséquences immédiates et des conséquences à plus long terme.

Au lendemain d’une nuit troublée par des apnées, la personne ressent d’abord une grande fatigue accompagnée d’irritabilité. Dans la journée, elle risque de somnoler, voire de s’endormir brusquement. Cette somnolence doit être considérée sérieusement, car elle peut engendrer des accidents, notamment sur la route : près d’un tiers de ces accidents mortels sont liés à la somnolence. On ne sait pas l’estimer, mais une partie de ces accidents est issu d’apnées du sommeil.

A plus long terme, rappelons que l’apnée du sommeil est un arrêt de la respiration qui provoque une baisse de l’oxygénation du cerveau qui fait travailler davantage le coeur. Cela entraîne une fatigue cardiaque, facteur majeur d’hypertension artérielle, d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus.

Comment traiter une apnée du sommeil ?

Il existe différentes solutions, allant de l’amélioration de l’hygiène de vie à la chirurgie, en passant par le port d’un masque. 600 000 personnes sont traitées chaque année pour un syndrome d’apnée du sommeil. Mais on estime que les trois quarts des personnes concernées l’ignorent, car cette pathologie peut être asymptomatique, c’est à dire sans symptôme constaté. Ainsi, l’apnée du sommeil toucherait donc au total 2,5 millions de personnes en France.

La ventilation à pression positive continue (PPC)

Pendant la nuit, le dormeur porte un masque sur le nez, relié à un compresseur qui envoie de l’air avec une pression suffisante pour permettre l’ouverture de la voie aérienne qui traverse la gorge. Assez contraignant, ce dispositif ne fonctionne que si il est porté chaque nuit à vie. En outre, il ne règle pas systématiquement les problèmes de ronflement.

Son grand avantage est de produire un effet immédiat et efficace sur les arrêts respiratoires dus aux apnées. La plupart des personnes qui acceptent bien ce système passent de bien meilleures nuits, et ce dès la première utilisation du masque.
En revanche, les inconvénients sont jugés trop contraignant pour 30% des utilisateurs qui l’abandonnent en cours de traitement, notamment les plus jeunes d’entre eux.

La télémédecine pour un meilleur suivi

Pour pallier à l’inefficacité du masque, par exemple si sa pose n’est pas adaptée ou le débit d’air insuffisant, le dormeur peut être suivi à distance.

Grâce à un système d’alertes, le médecin peut être alerté en cas de dysfonctionnement de l’appareil, de fuites, ou encore de correction des apnées insuffisante.
Le patient est ainsi moins isolé pour suivre son traitement avec efficacité.

L’orthèse dentaire

Ou plutôt “orthèses d’avancée mandibulaire”. Porté la nuit, ce dispositif est composé de deux gouttières articulées et reliées entre elles par des barrettes ajustables. L’orthèse dentaire maintient la mâchoire inférieure en position avancée pendant le sommeil. Ce système permet de mieux laisser passer l’air au niveau du pharynx et de diminuer l’obstruction.

Elle doit également être portée à vie et provoque souvent des douleurs à la mâchoire. Bon nombre de ses utilisateurs l’abandonnent également en cours de traitement.

La chirurgie correctrice des voies aériennes supérieures

Avant de passer à la chirurgie, le médecin devrait vous orienter vers un petit dispositif qui élargit les narines et augmente l’entrée d’air. De nombreux sportifs l’utilisent fréquemment. Ce système améliore les ronflements dans 20% des cas environ.

En cas d’échec, l’élargissement chirurgical de la filière aérienne est envisageable. L’intervention se fait généralement au laser (parfois par radiofréquence) et consiste :

  • soit en une section de la luette et une diminution du voile du palais,
  • soit en un travail sur les mâchoires situées trop en arrière,
  • ou encore en une réduction de la langue dont le volume est trop épais.

Quelque soit le mode opératoire, cette intervention chirurgicale est efficace dans plus de 50% des cas.

La stimulation électrique du nerf grand hypoglosse

La technique de stimulation électrique du nerf grand hypoglosse, ou “nerf XII” a pour principe d’activer, uniquement pendant l’apnée, le principal muscle dilatateur des voies aériennes supérieures : la langue. On installe pour cela un stimulateur et des électrodes sous la peau.

Très récente, cette technique encore expérimentale nécessite un test préalable et une opération en trois points. Cette opération donne des résultats à court terme très prometteurs, mais il reste à mesurer les résultats à long terme.


Note de l’article

4/5 (1 avis)

Qu'en pensez-vous ?

Leave A Reply